Abomey-Bohicon : vers une conurbation
Les villes dAbomey et Bohicon sont très proches
mais leurs caractéristiques urbaines, économiques
et démographiques sont très différentes.
Abomey est une ville fortement marquée par la tradition
royale dont les témoignages sont encore visi-bles tant
au niveau du paysage urbain, de lorganisation spatiale que
du peuplement. Ville historique et précoloniale, Abomey,
creuset de la civilisation fon, est une ville musée où
les espaces naturels (forêts et domaines royaux) ont été
préservés. Elle connaît un rythme démographique
assez faible avec une population estimée à 70 000
habitants. Les enjeux urbains y sont cependant importants notamment
dans le domaine de lassainissement (gestion des déchets
urbains et des eaux usées, déficience du système
de drainage et linsuffisance des caniveaux, enherbement
de la ville et divagation des animaux).
Bohicon est une ville née au 20ème siècle
avec linstallation de la gare ferroviaire et du marché
central. Le réseau ferroviaire et routier avec deux axes
bitumés en bon état, Cotonou-Malanville et Azovè-Bohicon,
et une voie de terre en cours de bitumage, Bohicon-Kétou-Illara
fait de Bohicon est un carrefour commercial important qui lui
permet doccuper le troisième rang économique
sur le plan national après Cotonou et Parakou. Le commerce
et le transport à eux seuls occupent plus de 40 % de la
population active. La transformation industrielle (huile, coton,
bois) et artisanale (manioc, arachide, igname) est également
un secteur dactivités important.
Ce dynamisme économique et commercial entraîne dimportants
flux migratoires et un taux daccroissement annuel élevé
(3,7 % par an en 1999) de la ville dont la population est estimée
à plus de 70 000 habitants. Les enjeux urbains y sont donc
plus aigus quà Abomey notamment autour de lassainissement
(gestion des ordures et des déchets industriels) et de
la gestion des eaux pluviales. A lintérieur de la
ville, lactivité agricoles se résume à
des arbres fruitiers et du petit élevage dans les concessions
et à proximité des champs de case.
La ville sétend le long des axes routiers y compris
sur laxe Bohicon-Abomey (conurbation). Compte tenu de la
densité élevée du plateau dAbomey,
les environs de Bohicon sont largement occupés. La mise
en valeur agricole des terres entre en concurrence avec lextension
urbaine. En périphérie des villes dAbomey
et Bohicon, lespace est valorisé par des plantations
dessences forestières et de palmiers, quelques fermes
de bovins, et des cultures annuelles sur des petites parcelles
(pois dangol, maïs, sorgho et manioc). Lapprovisionnement
de la ville en produits alimentaires est essentiellement assuré
par des zones agricoles assez éloignées (vallées
20 à 30 km pour les légumes).
Le dynamisme de Bohicon tranche avec un certain immobilisme dAbomey.
La conurbation en train de se créer pousse cependant les
acteurs des deux villes à envisager des collaborations
et/ou des réflexions communes, notamment sur la gestion
des ordures et des eaux de ruissellement (plans dactions
environnementaux dans les deux villes, comité conjoint
de planification des infrastructures. Les potentialités
agricoles des terres en périphérie de la ville sont
limitées mais il serait sans doute possible de mieux valoriser
les opportunités de marché avec notamment des productions
horticoles. La croissance urbaine pourrait davantage menacer les
activités de transformation des produits provenant dexploitation
situés à 15 à 30 km.
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Parakou : une gestion concertée de la ville
Parakou est la deuxième ville secondaire du Bénin
et compte plus de 150 000 habitants. Elle a un rôle de transit
important entre la zone côtière du sud et le sahel
au nord.
Cest lun des rares grandes villes à avoir
initié un mode de gestion urbain fondé sur la planification
participative autour dun cadre de concertation composé
des responsables des bureaux de ladministration, du conseil
consultatif (association de développement, notables, ONG,
administration communale) et du comité durbanisme
(qui définit les politiques de lotissement et règle
les litiges). Ce comité a joué un rôle essentiel
dans la mise en place dun plan directeur daménagement
pour la ville. Cette expérience de gestion concertée
de la ville est suivie de près par les autres communes
urbaines du pays et surtout les communes rurales environnantes
de Parakou qui vivent les effets de lavancée de cette
ville.
Au nord les systèmes agricoles sont basés sur le
coton, les cultures vivrières et maraîchères
et les plantations danacardier et dessences forestières
(teck, acajou). Au sud ils sont basés sur ligname
et le sorgho. Lélevage est diversifié : unités
de production dufs, petits ruminants, bovins pour
la production de lait et de fromages, apiculture. Les produits
de cueillette (néré/afitin, karité, bois
de chauffe) jouent un rôle important dans léconomie
locale.
Les agriculteurs semblent bien valoriser les opportunités
de marchés créées par la croissance urbaine
mais les plantations et les activités maraîchères
pourrait être menacés par lextension de la
ville.
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Coordinateur national : CEBEDES
Partenaires : LARES (foncier
et coordination à Parakou), CEBEDES (agriculture,
animation des restitutions et coordination à Abomey-Bohicon),
DESAC/FSA (environnement).
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Téléchargement :
Rapport
de pré-diagnostic à Parakou. Lares, Ifeas, 2003
(pdf)
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