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Sites de recherche au Sénégal

Zone de Mboro

Un pré-diagnostic de la zone a été réalisé par l’équipe nationale (Enda graf, isra, Ifan, ucad, gret) en janvier 2003. Il a mis en évidence les principaux en jeux et les premiers éléments d’analyse qui ont permis d’engager les travaux de recherche dans les différents volets d’activités du programme.

  • Un processus d’expansion urbaine et des mutations de l’espace rural dans les franges d’expansion urbaine

  • Des activités agricoles dominées par le maraîchage

  • Une importante pression sur les ressources liées aux facteurs climatiques et aux activités urbaines, agricoles et industrielles


Carte de la zone de Mboro (commune et communauté rurale de Darou Khoudoss). Source : SIG, Mboro, P.Pigache,2003

Processus d’expansion urbaine et des mutations de l’espace rural dans les franges d’expansion urbaine

La commune de Mboro a été crée en 2000. Elle compte 13 000 habitants alors que la communauté rurale qui l’encercle en compte 20 000. Contrairement à la plupart des communes du Sénégal, Mboro a moins de ressources financières que la communauté rurale en raison de la présence sur son territoire d’une importante industrie, les ICS (industries chimiques du Sénégal) qui exploitent les gisements de phosphates. Le « village » de Mboro avec l’appui des ICS s’est doté d’infrastructures urbaines de base (téléphone, voirie, électricité, lycée, brigade de gendarmerie, HLM, bureau de poste, et divers services…) mais reste cependant dépourvu de système d’évacuation des déchets. Les ordures ménagères, les eaux usées, les matières fécales sont évacuées à même le sol. A cela vient s’ajouter les fertilisants et les bio-cides utilisés dans le maraîchage qui sont également à l’origine de la pollution de la nappe phréatique que 75% de la population consomme directement.

Les premières observations sur la situation foncière dans la zone de Mboro réalisées par l’IFAn montrent que les terres ont été immatriculées durant la colonisation, et font l’objet d’une privatisation précoce. La course à la terre a abouti à une redistribution du patrimoine foncier avec des transactions enregistrées au cadastre ou faites en dehors de son contrôle (ventes et successions). La situation est sans doute aggravée et rendue plus complexe par le rétrécissement des espaces agricoles utiles avec l’assèchement progressif des cuvettes, le morcellement lié aux successions dans les familles des anciens propriétaires fonciers, etc. Aujourd’hui beaucoup de paysans sont privés de terres. La redistribution du patrimoine foncier (avec les ventes et successions opérées) n’a pas permis de juguler cette situation qui est sans doute aggravée par le rétrécissement des espaces agricoles utiles avec l’assèchement progressif des cuvettes, le morcellement lié aux successions dans les familles des anciens propriétaires fonciers.

L’étouffement de la commune lié au nouveau découpage administratif, les résistances des Communautés rurales notamment celle de Darou Khoudoss, à l’expansion de la ville (confinement) couve des risques de conflits entre les communautés rurales limitrophes et la Commune. Ceci pose aussi de sérieux problèmes d’aménagement urbain d’autant plus que l’enjeu majeur pour les Communautés rurales est constitué par la possibilité de contrôle sur la mer et sur les ICS (Industrie chimiques du Sénégal), principales sources de revenus, particulièrement pour ce qui est de la fiscalité locale. On note par ailleurs une discrimination qualifiée de « positive » dans l’affectation des terres : de vastes superficies sont affectées à des autorités religieuses, politiques ou autres sans raison apparente. Dans cette partie du pays, le marché foncier est très ouvert et dynamique avec la possibilité d’accès à la terre par l’achat , l’héritage ou par la location . Cette dynamique est à liée au développement de l’exploitation privée.

Des activités agricoles dominées par le maraîchage

La zone de Mboro, située dans les Niayes, le long de la côte Nord, est traversée par une grande Niaye qui en année de bonne pluviométrie se transforme en un réseau hydrographique fonctionnel et en fait une zone privilégiée pour les cultures maraîchères (oignons, tomates, aubergine amère et aubergine, piment, chou, carotte, navet). C’est un important centre de collecte et de redistribution des produits maraîchers. Son marché est approvisionné par la production interne (celle de la ville), celle des villages environnants et celle provenant des autres régions. La redistribution à partir de Mboro ouvre un grand éventail allant du Sénégal vers la Mauritanie et la Gambie et par ordre d’importance dans les régions de Dakar, de Touba, de Nouakchott, de Thiès, de Kaolack, de Tamba, de Saint-Louis. La zone revêt une importance économique notable et est de ce fait une zone attractive. Les activités agricoles, industrielles, commerciales en font un pôle d’immigration.

Les filières jugées comme les plus intéressantes à étudier sont celles du manioc, des produits maraîchers (carotte, oignon et dans une moindre mesure piment et chou) et du bois (cocotier). Un travail d’analyse des systèmes de production maraîchère a été déjà réalisé dans la zone de Mboro par Enda graf. Il va se poursuivre avec l’analyse approfondie des circuits de distribution.

Une importante pression sur les ressources liées aux facteurs climatiques et aux activités urbaines, agricoles et industrielles

La dégradation des conditions climatiques a entraîné un assèchement des petits lacs et chenaux, une dégradation des végétaux et une salinisation des terres. Par ailleurs, l’intensification des vents, et le manque de couverture végétale sur les dunes côtière, accentuent la dynamique des cordons dunaires qui menace directement les cuvettes maraîchères. Le déficit pluviométrique, associé à l’exploitation de l’eau à diverses fins, favorise la remontée du biseau salé et l’intrusion de l’eau de mer à l’intérieur des terres.À côté des facteurs naturels de dégradation de l’environnement, se pose aussi les problèmes engendrés par les populations et leurs activités. Dans ce domaine, l’implantation des ICS, joue, aux dires des habitants, un rôle important dans la dégradation de l’environnement du milieu que ce soit au niveau atmosphérique, marin, et terrestre mais le manque d’études fiables dans ce domaine ne permet cependant pas de le confirmer.

La croissance urbaine est modérée mais les enjeux environnementaux sont importants et des risques de conflits couvent entre les communautés rurales limitrophes et la Commune en raison de l’étouffement de la commune lié au nouveau découpage administratif et de la résistance des Communautés rurales à l’expansion de la ville. La forte emprise du marché sur la route, l’absence de voie de desserte à la fois pour les camions transportant produits agricoles et produits chimiques posent la nécessité de la relocalisation du marché alors que la ville n’a pas de réserves foncières pour cela ainsi que pour aménager une décharge pour les ordures ménagères. De sérieux problèmes d’aménagement urbain se posent d’autant plus que l’enjeu majeur pour les Communautés rurales est de garder le contrôle sur la mer et sur les ICS, principales sources de revenus.

Les Niayes restent une zone sensible où l’environnement est fragile alors qu’elle assure la plus grande production maraîchère du pays. La densité des flux prouve a elle seule de l’importance du tissu de liens qu’entretien Mboro et son hinterland avec le reste du pays et les pays voisins. Les différentes pressions exercées sur les ressources, sur le milieu milite fortement à une concertation plus large afin d’assurer un équilibre du système.

L’Isra qui coordonne les travaux de ce volet au Sénégal a mis en place une équipe pluridisciplinaire composée de divers spécialistes. L’Isra bénéficie également d’un financement du CRDI qui a permis d’étendre les travaux prévus dans le cadre du programme Ecocité. Les résultats des travaux menés au cours de cette première année sont présentés et discutés dans le rapport scientifique de l’Isra. Partant des constats sur le terrain et des préoccupations majeures des acteurs (agriculteurs, élus locaux, services techniques de l’Etat, ONG, OCB, groupements de femmes, etc.), les activités de recherche ont été focalisées sur trois axes majeurs :

  • la dégradation des ressources hydrogéologies ;notamment analyse quantitative et qualitative des ressources en eau et analyse de la pollution par les produits phytosanitaires et les engrais chimique
  • la dégradation des ressources pédologiques et végétales, notamment l’évaluation de l’état du couvert végétal et son exploitation (bande de filao);
  • la dégradation du cadre de vie, notamment analyse de la gestion de déchets ménagers (en collaboration avec Enda graf t le gret), évaluation des ordures ménagères et des méthodes de recyclage.

Restitution , concertation, observations (Enda, Gret)

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