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Processus dexpansion urbaine et des mutations de lespace
rural dans les franges dexpansion urbaine
La commune de Mboro a été crée en 2000.
Elle compte 13 000 habitants alors que la communauté
rurale qui lencercle en compte 20 000. Contrairement
à la plupart des communes du Sénégal, Mboro
a moins de ressources financières que la communauté
rurale en raison de la présence sur son territoire dune
importante industrie, les ICS (industries chimiques du Sénégal)
qui exploitent les gisements de phosphates. Le « village
» de Mboro avec lappui des ICS sest doté
dinfrastructures urbaines de base (téléphone,
voirie, électricité, lycée, brigade de gendarmerie,
HLM, bureau de poste, et divers services
) mais reste cependant
dépourvu de système dévacuation des
déchets. Les ordures ménagères, les eaux
usées, les matières fécales sont évacuées
à même le sol. A cela vient sajouter les fertilisants
et les bio-cides utilisés dans le maraîchage qui
sont également à lorigine de la pollution
de la nappe phréatique que 75% de la population consomme
directement.
Les premières observations sur la situation foncière
dans la zone de Mboro réalisées par lIFAn
montrent que les terres ont été immatriculées
durant la colonisation, et font lobjet dune privatisation
précoce. La course à la terre a abouti à
une redistribution du patrimoine foncier avec des transactions
enregistrées au cadastre ou faites en dehors de son contrôle
(ventes et successions). La situation est sans doute aggravée
et rendue plus complexe par le rétrécissement des
espaces agricoles utiles avec lassèchement progressif
des cuvettes, le morcellement lié aux successions dans
les familles des anciens propriétaires fonciers, etc. Aujourdhui
beaucoup de paysans sont privés de terres. La redistribution
du patrimoine foncier (avec les ventes et successions opérées)
na pas permis de juguler cette situation qui est sans doute
aggravée par le rétrécissement des espaces
agricoles utiles avec lassèchement progressif des
cuvettes, le morcellement lié aux successions dans les
familles des anciens propriétaires fonciers.
Létouffement de la commune lié au nouveau
découpage administratif, les résistances des Communautés
rurales notamment celle de Darou Khoudoss, à lexpansion
de la ville (confinement) couve des risques de conflits entre
les communautés rurales limitrophes et la Commune. Ceci
pose aussi de sérieux problèmes daménagement
urbain dautant plus que lenjeu majeur pour les Communautés
rurales est constitué par la possibilité de contrôle
sur la mer et sur les ICS (Industrie chimiques du Sénégal),
principales sources de revenus, particulièrement pour ce
qui est de la fiscalité locale. On note par ailleurs une
discrimination qualifiée de « positive » dans
laffectation des terres : de vastes superficies sont affectées
à des autorités religieuses, politiques ou autres
sans raison apparente. Dans cette partie du pays, le marché
foncier est très ouvert et dynamique avec la possibilité
daccès à la terre par lachat , lhéritage
ou par la location . Cette dynamique est à liée
au développement de lexploitation privée.
Des activités agricoles dominées par le maraîchage
La zone de Mboro, située dans les Niayes, le long de la
côte Nord, est traversée par une grande Niaye qui
en année de bonne pluviométrie se transforme en
un réseau hydrographique fonctionnel et en fait une zone
privilégiée pour les cultures maraîchères
(oignons, tomates, aubergine amère et aubergine, piment,
chou, carotte, navet). Cest un important centre de collecte
et de redistribution des produits maraîchers. Son marché
est approvisionné par la production interne (celle de la
ville), celle des villages environnants et celle provenant des
autres régions. La redistribution à partir de Mboro
ouvre un grand éventail allant du Sénégal
vers la Mauritanie et la Gambie et par ordre dimportance
dans les régions de Dakar, de Touba, de Nouakchott, de
Thiès, de Kaolack, de Tamba, de Saint-Louis. La zone revêt
une importance économique notable et est de ce fait une
zone attractive. Les activités agricoles, industrielles,
commerciales en font un pôle dimmigration.
Les filières jugées comme les plus intéressantes
à étudier sont celles du manioc, des produits maraîchers
(carotte, oignon et dans une moindre mesure piment et chou) et
du bois (cocotier). Un travail danalyse des systèmes
de production maraîchère a été déjà
réalisé dans la zone de Mboro par Enda graf. Il
va se poursuivre avec lanalyse approfondie des circuits
de distribution.
Une importante pression sur les ressources liées aux
facteurs climatiques et aux activités urbaines, agricoles
et industrielles
La dégradation des conditions climatiques a entraîné
un assèchement des petits lacs et chenaux, une dégradation
des végétaux et une salinisation des terres. Par
ailleurs, lintensification des vents, et le manque de couverture
végétale sur les dunes côtière, accentuent
la dynamique des cordons dunaires qui menace directement les cuvettes
maraîchères. Le déficit pluviométrique,
associé à lexploitation de leau à
diverses fins, favorise la remontée du biseau salé
et lintrusion de leau de mer à lintérieur
des terres.À côté des facteurs naturels de
dégradation de lenvironnement, se pose aussi les
problèmes engendrés par les populations et leurs
activités. Dans ce domaine, limplantation des ICS,
joue, aux dires des habitants, un rôle important dans la
dégradation de lenvironnement du milieu que ce soit
au niveau atmosphérique, marin, et terrestre mais le manque
détudes fiables dans ce domaine ne permet cependant
pas de le confirmer.
La croissance urbaine est modérée mais les enjeux
environnementaux sont importants et des risques de conflits couvent
entre les communautés rurales limitrophes et la Commune
en raison de létouffement de la commune lié
au nouveau découpage administratif et de la résistance
des Communautés rurales à lexpansion de la
ville. La forte emprise du marché sur la route, labsence
de voie de desserte à la fois pour les camions transportant
produits agricoles et produits chimiques posent la nécessité
de la relocalisation du marché alors que la ville na
pas de réserves foncières pour cela ainsi que pour
aménager une décharge pour les ordures ménagères.
De sérieux problèmes daménagement urbain
se posent dautant plus que lenjeu majeur pour les
Communautés rurales est de garder le contrôle sur
la mer et sur les ICS, principales sources de revenus.
Les Niayes restent une zone sensible où lenvironnement
est fragile alors quelle assure la plus grande production
maraîchère du pays. La densité des flux prouve
a elle seule de limportance du tissu de liens quentretien
Mboro et son hinterland avec le reste du pays et les pays voisins.
Les différentes pressions exercées sur les ressources,
sur le milieu milite fortement à une concertation plus
large afin dassurer un équilibre du système.
LIsra qui coordonne les travaux de ce volet au Sénégal
a mis en place une équipe pluridisciplinaire composée
de divers spécialistes. LIsra bénéficie
également dun financement du CRDI qui a permis détendre
les travaux prévus dans le cadre du programme Ecocité.
Les résultats des travaux menés au cours de cette
première année sont présentés et discutés
dans le rapport scientifique de lIsra. Partant des constats
sur le terrain et des préoccupations majeures des acteurs
(agriculteurs, élus locaux, services techniques de lEtat,
ONG, OCB, groupements de femmes, etc.), les activités de
recherche ont été focalisées sur trois axes
majeurs :
- la dégradation des ressources hydrogéologies
;notamment analyse quantitative et qualitative des ressources
en eau et analyse de la pollution par les produits phytosanitaires
et les engrais chimique
- la dégradation des ressources pédologiques et
végétales, notamment lévaluation
de létat du couvert végétal et son
exploitation (bande de filao);
- la dégradation du cadre de vie, notamment analyse de
la gestion de déchets ménagers (en collaboration
avec Enda graf t le gret), évaluation des ordures ménagères
et des méthodes de recyclage.
Restitution , concertation, observations (Enda, Gret)
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